C’est au cœur même des cellules, et plus particulièrement aux extrémités des chromosomes, au niveau des télomères, que se trouverait une des clés qui permettrait de retarder le vieillissement cellulaire et, ainsi, d’augmenter l’espérance de vie..…Voyage au cœur même de la cellule et du patrimoine génétique…

Que sont les télomères ?

Tout se situe donc au niveau du noyau des cellules, sur le double brin d’ADN Les télomères sont en fait les extrémités de ces brins d’ADN Leur mission consiste à protéger le génome des pertes d’informations que la division cellulaire entraîne en raccourcissant les chromosomes Malheureusement, les télomères finissent inéluctablement, surtout lorsqu’il y a de fortes tendances à l’inflammation ou au stress, par raccourcir… Si bien qu’à quatre-vingts ans une personne verra ses télomères réduits de deux à trois fois par rapport à leur taille originelle, lors de sa naissance En fait, à chaque division cellulaire, les télomères raccourcissent, car leur réplication est toujours incomplète Plus les séquences de division cellulaire se multiplient ou plus le stress oxydatif est présent et plus les télomères raccourcissent Or, à partir d’un certain seuil, d’une certaine taille critique du télomère, la cellule devient sénescente Jusqu’ici, c’était un mécanisme « inéluctable » du vieillissement
D’après de multiples recherches, le raccourcissement progressif des télomères serait intimement lié à de nombreuses pathologies associées au vieillissement (maladies cardio-vasculaires, maladies infectieuses, etc ) et serait également prédictif d’une mortalité précoce chez les sujets âgés Le télomère peut donc être considéré comme l’une des plus importantes horloges biologiques, sonnant à terme l’heure du vieillissement organique Toutefois, il existe une enzyme, la télomérase, qui inverse le processus de dégradation des télomères Cette télomérase permet la synthèse et la croissance des télomères, ainsi d’ailleurs que la réparation de l’ADN

RACCOURCISSEMENT DES TELOMERES

Qu’est-ce que la télomérase ?

La télomérase est une enzyme nucléoprotéique qui catalyse la synthèse et la croissance de l’ADN télomérique et stimule la réparation des dommages causés à l’ADN L’histoire de la télomérase commence au tout début du développement de l’embryon C’est alors, lorsque les divisions cellulaires se succèdent à un rythme extrêmement élevé, que cette enzyme trouve son plein emploi Composée d’une protéine et d’un ARN, la télomérase répare sans discontinuer l’extrémité des chromosomes durant tout le développement fœtal, conservant ainsi les télomères dans leur intégrité Toutefois, dès la naissance, les choses prennent une autre tournure puisque les taux de télomérase commencent à diminuer pour ne plus cesser de s’amoindrir jusqu’à l’âge adulte À partir de ce moment, on trouve encore de la télomérase dans les cellules sexuelles et dans des cellules souches, mais elle a pratiquement disparu au niveau des cellules somatiques Cependant, dès qu’il s’agit de régénérer des tissus, les cellules souches activent la télomérase autant que de besoin Mais ce vestige d’activité n’est évidemment pas suffisant pour enrayer le déclin général de la télomérase au fil des ans, surtout lorsque l’organisme est fréquemment soumis au stress En effet, le stress entraîne un besoin accru de renouvellement cellulaire et engendre donc un plus grand nombre de divisions cellulaires En conséquence de quoi les télomères s’usent nettement plus vite… et le vieillissement apparaît beaucoup plus tôt Ce raccourcissement accéléré des télomères, en cas de déficience en télomérase, a été plus d’une fois confirmé par des études qui, toutes, ont prouvé que la conséquence immédiate de ce raccourcissement a toujours été une limitation drastique de la durée de vie des cellules
Il existe donc bel et bien un rapport direct entre de faibles taux de télomérase, la perte de télomères et la sénescence cellulaire, avec, au final, le vieillissement des tissus et les nombreux dysfonctionnements organiques qui s’ensuivent Plus précisément encore, les études ont démontré que plus les télomères raccourcissent, plus les risques d’athérosclérose, d’hypertension artérielle, de maladies cardio-vasculaires, d’Alzheimer, d’infections, de diabète, de fibroses, de syndromes métaboliques et de cancers sont élevés Sans parler, naturellement, de la mortalité globale ! En effet, dans une étude effectuée sur cent cinquante personnes âgées de plus de soixante ans, celles qui avaient les télomères les plus courts ont eu huit fois plus de risques de mourir de maladies infectieuses et trois fois plus de risques de mourir d’une crise cardiaque parce que des télomères trop courts ne permettent plus aux cellules immunitaires de se répliquer assez vite pour lutter contre les infections éventuelles

Reconstituer l’activité de la télomérase

Même si les cellules somatiques adultes ne produisent plus de télomérase, elles en contiennent néanmoins les composants Or, il suffit de forcer l’un de ces composants, la sous-unité catalytique (hTRT), pour reconstituer l’activité de la télomérase En introduisant ce gène hTRT dans des cellules humaines primaires, on peut donc allonger les télomères… et modifier spectaculairement la croissance des cellules Une étude réalisée pendant plus d’un an, sur des cellules vasculaires, de rétine et de prépuce ainsi traitées, a démontré que les cellules produisant de la télomérase ont continué de se diviser pendant que celles qui n’en produisaient pas entraient en sénescence Une autre étude, sur des souris modifiées génétiquement pour manquer totalement de télomérase, a montré que ces animaux vieillissaient à une vitesse accélérée, devenant infertiles et souffrant de diabète, d’ostéoporose ou de pathologies neurodégénératives… et, ainsi, mouraient très jeunes Par ailleurs, en réactivant la télomérase pendant un mois sur un autre groupe de ce même genre de souris, on a constaté des résultats étonnants : • un retour à la normale de la fertilité ; • une récupération de la rate, du foie et des reins ; • une inversion des effets du vieillissement dans le cerveau. Les cerveaux eux-mêmes avaient grossi et les neurones étaient redevenus actifs Toutes ces études permettent donc à de nombreux scientifiques d’avancer que toute substance augmentant l’activité de la télomérase pourrait traiter les pathologies liées au vieillissement

La télomérase est-elle cancérigène ?

Sachant que la télomérase rallonge les télomères et rend virtuellement la cellule « immortelle », une question évidente s’est présentée : quel serait son effet sur des cellules cancéreuses ? Ou, pire encore, ne transformerait-elle pas des cellules saines en cellules cancéreuses ? On sait en effet que la tumeur est une prolifération de cellules devenues immortelles et se répliquant très activement Une cellule cancéreuse se distingue donc notamment d’une cellule normale par son immortalité Face à cette terrible question, qui pouvait faire craindre l’impossibilité d’utiliser la télomérase pour lutter contre le vieillissement, de nouvelles études furent donc menées Publiées en 1999, elles apportent un démenti cinglant aux craintes qu’on avait eues dans ce domaine Le Dr Woodring Wright assure dans une publication (1), que « l’ajout de télomérase dans des cellules humaines en culture ne provoque pas leur évolution en cellules cancéreuses » Il semble que même lorsque l’on multiplie un nombre très important de fois (plus de deux cents fois) des cellules humaines au-delà de leur espérance de vie… cela n’entraîne l’apparition d’aucune cellule cancéreuse
Les cellules traitées à la télomérase conservent simplement toutes les propriétés et la belle santé de leur jeunesse et ne sont affligées d’aucune anomalie chromosomique Confirmation en a d’ailleurs été donnée par une autre étude, démontrant également l’absence de toute tumeur maligne chez des souris traitées Tout ceci tend à prouver que les causes de cancérisation des cellules sont dues à d’autres mutations n’ayant rien à voir avec la télomérase Celle-ci permet seulement aux cellules de continuer à se multiplier en toute vitalité, comme elles le faisaient dans l’embryon Mieux encore, selon le Dr De Pinho (2), « la télomérase devrait au contraire empêcher les cellules normales de devenir cancéreuses, dans la mesure où elle prévient les dommages sur l’ADN »
Références/ (1) • Inhibition of human telomerase in immortal human cells leads to progressive telomere shortening and cell death herBert B., a.e. PittS, S. i. Baker, S. e. haMilton, w. e. wriGht, J. w. Shay, d. r. corey, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 1999; (96/25): 14276-14281 /  (2) • dePinho r. a. et al ,Telomerase activation reverses tissue degeneration in aged telomere-deficient mice Nature 469, 102-106, January 2010 Published online 28 November 2010

Quelles sont les substances qui activent la télomérase ?

Plusieurs molécules sont à l’étude et utilisées sur l’homme depuis plusieurs années Les recherches effectuées sur ces substances montrent clairement qu’elles sont capables de stimuler la télomérase, d’accroître le nombre de télomères, de les allonger sensiblement et, par conséquent, d’inverser certains mécanismes du vieillissement en repoussant la mort des cellules, jugée autrefois inéluctable après un certain nombre de divisions Ces molécules ne sont très probablement que les premières sur une liste qui ne manquera pas de s’allonger au cours des prochaines années Les deux substances les plus intéressantes proviennent d’une plante utilisée dans la pharmacopée traditionnelle chinoise depuis des millénaires : la racine séchée d’astragale (Astragalus membranaceus) Traditionnellement, on utilise cette plante pour ses propriétés fortifiantes et stimulantes du système immunitaire :
•   elle augmente le nombre de cellules souches dans la moelle osseuse et le tissu lymphatique et favorise leur développement en cellules immunitaires actives ;
•   elle réactive les cellules immunitaires au repos ;
•   elle produit des immunoglobulines ;
•   elle stimule les macrophages ;
•   elle active les cellules naturelles tueuses (Natural Killer) et les lymphocytes T ;

•   elle induit la production endogène d’interféron et potentialise ses actions dans les infections virales ;
•   elle augmente la résistance aux effets immunosuppresseurs des médicaments de chimiothérapie ;
•   et, enfin, elle stimule la production d’interleukine-6 et de facteur nécrosant des tumeurs
Les nombreuses études effectuées sur cette plante ont permis de mettre en évidence ses multiples propriétés exceptionnelles et on sait désormais qu’en plus de ses vertus immunostimulantes elle est : antioxydante, anti-inflammatoire, anti-fibrokystique, neuroprotectrice et cardioprotectrice puisqu’elle inhibe la formation de lipides oxydés dans le myocarde, augmente la vasodilatation, diminue la coagulation sanguine et a des effets cardiotoniques et bénéfiques sur l’angine de poitrine
De plus, pour l’instant, aucun effet secondaire n’a été rapporté, ni au cours des différentes études ni en plusieurs années d’utilisation sur l’homme Mais surtout, d’après de récentes études, cet extrait est capable d’agir sur l’activation de la télomérase dans les kératinocytes, les fibroblastes et les cellules immunitaires en culture Pour être encore plus précis, il faut ajouter que, selon les études, si la longueur moyenne des télomères n’a pas augmenté, en revanche le pourcentage de télomères courts a significativement diminué Sachant qu’il faut avant tout empêcher les télomères de raccourcir en dessous du seuil critique où se produit la sénescence cellulaire, c’est un début très prometteur !
Au-delà des vertus de la plante entière, les chercheurs s’intéressent plus précisément aux principes actifs qu’elle renferme et qui expliquent la plupart de ses propriétés. De cette plante on peut donc isoler et concentrer, par un procédé extrêmement complexe , deux substances actives, de structure chimique semblable, responsables de ses surprenantes propriétés antiâge :

1.   L’astragaloside IV, un glycoside abondamment étudié dans des centres de recherche en Chine et en Europe, et
2.   Le cycloastragénol, une saponine composée d’un ensemble de glycosides huileux.

Les propriétés de l’astragaloside IV et cycloastragenol 

Immunostimulant
•   Augmente le nombre de cellules immunitaires actives, d’immunoglobulines et de macrophages
•   Active les lymphocytes T et les cellules naturelles tueuses.
•   Augmente la production de lymphocytes T et B, et la production d’anticorps 3
•   Augmente le nombre de cellules souches dans la moelle épinière
•   Favorise le développement de ces cellules souches en cellules immunitaires actives
 Anti-inflammatoire
•   Atténue la progression de l’inflammation des voies respiratoires dans l’asthme chronique
Antibactérien
•   Agit, in vitro, sur Shigella dysenteriae, Streptococcus haemolyticus, Diplococcus pneumoniae et Staphylococcus aureus
Antiviral
•   inhibe la réplication de certains virus.
•   produit de l’interféron et potentialise son activité sur les infections virales
Antioxydant
•   Inhibe, in vitro, 40 % de la peroxydation lipidique
Cardio-protecteur
•   A des effets bénéfiques sur l’insuffisance cardiaque congestive et l’angine de poitrine
•   Aide à la récupération d’évènements cardio-vasculaires.
Neuroprotecteur
•   Améliore le traitement des maladies neurodégénératives.
•   Protège les neurones dopaminergiques dont la dégénérescence cause la maladie de Parkinson
Protège contre la toxicité des chimiothérapies.
Antiglycation
•   prévient les complications neuropathiques des diabétiques.
extrait de “Les nouvelles avancées de la supplémentation nutritionnelle antiâge” par CHARLES FEELGOOD, LINUS FREEMAN, ANGÉLIQUE HOULBERT
Charles Feelgood est le pseudonyme d’un auteur français connu, spécialisé dans les questions relatives à la santé naturelle et à la supplémentation nutritionnelle
Linus Freeman est depuis sa création (1997) Directeur de la Publication de la lettre d’informations NutraNews, publiée par la Fondation pour le Libre Choix : www.nutranews.org
Angélique Houlbert est Diététicienne-Nutritionniste, spécialisée dans le domaine de la supplémentation nutritionnelle depuis plus de dix ans Elle est également auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la nutrition et la santé
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